Feu de cheminée : quoi faire dans les 5 premières minutes

Un grondement dans le conduit, de la fumée épaisse, des flammèches au-dessus du toit : un feu de cheminée, ça va vite. Voici comment le reconnaître, les gestes à poser tout de suite, ceux à éviter, et pourquoi on ne rallume pas avant une inspection.

Comment on reconnaît un feu de cheminée

Le plus souvent, ça commence par un bruit. Un grondement sourd dans le conduit, comme un gros camion qui passe ou un avion qui vole bas, parfois avec des claquements et des craquements. En même temps, le feu dans le poêle se met à ronfler beaucoup plus fort que d'habitude, et le tuyau de raccordement peut chauffer au point de rougir ou de vibrer.

De dehors, les signes sont encore plus clairs : une fumée dense et foncée qui sort à gros bouillons, des flammèches ou des morceaux de braise qui s'envolent au-dessus du chapeau, et parfois des flammes visibles au sommet de la cheminée. Une forte odeur de chaud dans la maison, de la fumée qui revient dans la pièce, un voisin qui cogne à la porte : si vous voyez ou entendez un de ces signes, n'attendez pas d'avoir tout vérifié.

Ce qui brûle, en fait

Ce n'est pas le bois dans le foyer qui pose problème, c'est la créosote collée sur les parois du conduit. Ce dépôt noir et goudronneux se forme à force de feux qui couvent, de bois humide et de conduits jamais ramonés. Quand un feu plus vif que d'habitude monte la température du conduit, la créosote s'enflamme à son tour, et c'est l'intérieur de la cheminée au complet qui devient le foyer.

La chaleur d'un feu de cheminée dépasse de loin ce pour quoi le conduit a été conçu. Elle peut fissurer les tuiles de terre cuite, déformer une gaine de métal, ouvrir les joints de la maçonnerie et chauffer le bois de la charpente qui passe tout près. C'est pour ça qu'un feu de cheminée qui « s'est éteint tout seul » reste une urgence.

Les 5 premières minutes : les gestes dans l'ordre

Sortez tout le monde de la maison, enfants et animaux compris, et appelez le 911 de dehors. Faites-le même si le feu semble se calmer : les pompiers ont des caméras thermiques pour voir si la chaleur a atteint les murs, le grenier ou le toit, et vous, vous ne le voyez pas. Un feu de cheminée peut se propager à la structure bien après que le grondement a cessé.

Si vous pouvez le faire en quelques secondes, sans retarder la sortie, coupez l'air au feu : fermez la porte du poêle et ses contrôles d'entrée d'air. Sur un foyer ouvert, fermez les portes vitrées s'il y en a. Moins d'air, c'est un feu qui s'affaiblit. Mais ce geste passe toujours après l'évacuation, jamais avant.

Si vous avez sous la main un bâton extincteur conçu pour les feux de cheminée, et que vous pouvez l'utiliser sans vous mettre à risque, lancez-le dans le foyer et refermez la porte. Ça peut aider, mais ça ne remplace pas l'appel au 911.

Ensuite, attendez dehors, à distance, et laissez les pompiers travailler. Ce sont eux qui vont vérifier le conduit, le grenier et la toiture, et vous dire quand il est sécuritaire de rentrer.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

Ne lancez pas d'eau dans un poêle ou un foyer en feu. Le choc thermique peut fendre la fonte ou la vitre, et la vapeur bouillante qui en sort vous brûle avant de brûler quoi que ce soit d'autre.

Ne montez pas sur le toit. Ne tentez pas d'ouvrir la trappe de ramonage pour « voir ». N'allez pas chercher le boyau d'arrosage dans le sous-sol pendant que la maison se remplit de fumée. Chaque minute passée à l'intérieur pour improviser est une minute où personne n'a appelé les secours.

Le feu de cheminée silencieux

Tous les feux de cheminée ne grondent pas. Certains brûlent lentement, sans bruit, sans flammes au sommet, et personne dans la maison ne s'en rend compte. On les découvre après coup, souvent lors du ramonage : de la créosote gonflée et poreuse comme un nid d'abeilles, des tuiles fissurées ou déplacées, un chapeau décoloré, des pièces de métal déformées, des flocons de créosote sur le toit, des fissures qui apparaissent sur la maçonnerie extérieure.

Si vous remarquez l'un de ces signes, considérez que le conduit a déjà brûlé une fois, et faites-le inspecter avant le prochain feu.

Après le feu : on ne rallume pas

Une fois les pompiers partis, la tentation est forte de repartir un feu le lendemain. Ne le faites pas. Un conduit qui a subi un feu de cheminée peut avoir l'air intact de l'extérieur et être fissuré à l'intérieur. Au prochain feu, la chaleur et les gaz passent par ces fissures vers le bois de la maison.

Il faut une inspection complète du conduit, de bas en haut, par quelqu'un dont c'est le métier, avant de chauffer à nouveau. C'est l'inspection qui dira ce qui doit être réparé, remplacé ou qui peut rester tel quel, et un rapport écrit sera utile pour vos assurances.

Le ramonage, c'est la prévention

La créosote ne s'enflamme pas quand il n'y en a pas. Un ramonage par année, ça se fait en toute saison : choisissez le moment qui vous convient. Ajoutez-y du bois bien sec et des feux qui brûlent franc plutôt que des feux qui couvent toute la nuit, et vous enlevez au feu de cheminée l'essentiel de son carburant.

Le Ramoneur du Coin est certifié RBQ (licence 5831-5847-01) et membre de l'APC. Après un feu de cheminée, on inspecte le conduit au complet et on vous remet un rapport d'inspection et une facture, utiles pour vos assurances. On dessert Laval, les Laurentides, la Rive-Nord et Montréal. Demandez votre soumission en quelques clics, avant le prochain feu, pas après.