Bois franc ou bois mou : lequel encrasse le plus la cheminée ?

On entend souvent que le sapin et l'épinette « bouchent la cheminée » et que seul l'érable est bon. La réalité est plus simple : ce qui encrasse un conduit, c'est surtout le bois humide et la façon de chauffer. Voici comment choisir et brûler chaque type de bois.

La question qu'on nous pose à chaque ramonage

« J'ai brûlé pas mal d'épinette cette année, c'est-tu pour ça que c'est sale ? » On l'entend souvent. Au Québec, la croyance est bien ancrée : le bois franc, c'est du bon bois, et le bois mou, ça encrasse la cheminée.

Il y a un fond de vérité là-dedans, mais ce n'est pas l'essence de l'arbre qui décide de l'état de votre conduit. C'est surtout l'humidité du bois et la façon dont le feu brûle.

Bois franc, bois mou : la différence

Le bois franc vient des feuillus : érable, chêne, frêne, hêtre, merisier. C'est un bois dense, qui brûle plus lentement et donne de belles braises qui durent. C'est pour ça qu'il est le préféré pour chauffer une maison toute la nuit.

Le bois mou vient surtout des résineux : sapin, épinette, pin, mélèze, cèdre. Il est plus léger, il s'allume vite et il fait une flamme vive et chaude, mais il se consume rapidement. Il faut donc en remettre plus souvent.

Alors, le bois mou encrasse-t-il plus ?

La résine fait peur parce qu'elle colle et qu'elle sent fort. Pourtant, du bois mou bien sec, brûlé dans un feu vif, brûle proprement. Ce qui forme la créosote, ce sont les gaz et la fumée qui n'ont pas fini de brûler et qui se refroidissent en montant dans le conduit.

Le vrai problème du bois mou, c'est la façon dont on l'utilise. Comme il brûle vite, on a tendance à bourrer le poêle et à fermer l'entrée d'air pour le faire durer. Le feu étouffe, couve, fait de la fumée épaisse, et c'est là que le conduit s'encrasse. Le bois mou humide, lui, c'est le pire des deux mondes.

Le vrai coupable : le bois humide

Un bois qui n'a pas assez séché, qu'il soit franc ou mou, gaspille une bonne partie de sa chaleur à faire évaporer son eau. Le feu reste tiède, la fumée aussi, et la créosote se dépose. On l'a expliqué en détail dans notre article sur le taux d'humidité du bois de chauffage : c'est de loin le facteur qui compte le plus.

Les signes d'un bois trop humide : il siffle ou bouille au bout des bûches, il s'allume mal, il fait beaucoup de fumée et la vitre du poêle noircit vite. Un petit humidimètre, vendu en quincaillerie, règle la question en quelques secondes.

Autrement dit, une corde d'érable coupée le printemps dernier peut encrasser votre cheminée bien plus qu'une corde d'épinette qui a séché comme il faut.

Comment bien utiliser chaque type de bois

Le bois mou est parfait pour l'allumage, pour les feux d'automne et de printemps quand on veut juste casser l'humidité, et pour remonter rapidement la chaleur d'un poêle. Faites des feux vifs, avec de l'air, et rechargez plus souvent en petites quantités plutôt que de bourrer le poêle.

Le bois franc est le meilleur pour les grands froids et pour tenir le feu longtemps. Même là, ne laissez pas le feu couver des heures avec l'entrée d'air presque fermée : c'est le feu étouffé, pas le bois, qui noircit le conduit.

Dans les deux cas, suivez le manuel de votre appareil pour le réglage de l'air et la quantité de bois. Et oubliez le bois traité, peint, les palettes et les déchets : ça ne se brûle pas dans un poêle.

Ce que votre cheminée vous dit

Au fond, peu importe le bois que vous brûlez : c'est le conduit qui donne le verdict. Une vitre qui noircit vite, de la fumée épaisse à la sortie de la cheminée, une odeur âcre les jours de pluie ou une créosote luisante et collante au ramonage, ce sont des signes que le feu ne brûle pas assez proprement.

Lors du ramonage, on regarde le type et la quantité de dépôts, et on vous explique ce qu'ils disent de votre bois et de votre façon de chauffer. Un ramonage par année, ça se fait en toute saison : choisissez le moment qui vous convient. Si vous chauffez beaucoup ou si le bois était humide cette année, parlez-en avec nous, on vous dira si un deuxième passage vaut la peine.

Un ramonage fait par des pros

Le Ramoneur du Coin est certifié RBQ (licence 5831-5847-01) et membre de l'APC. On travaille proprement, et vous repartez avec un rapport d'inspection et une facture, utiles pour vos assurances.

On est à Laval, dans les Laurentides, sur la Rive-Nord et à Montréal. Franc ou mou, peu importe votre bois : demandez votre soumission en quelques clics.